Royan exposition

Exposition à la Galerie d’Art Contemporain du C.A.P. de Royan qui accueille le peintre Julien Graizely. Au CAP du 17 janvier au 29 mars 26 installé dans un lieu emblématique de la reconstruction, les Voûtes du Port (quai Amiral-Meyer).

« Instants »

Julien Graizely – tous les titres sont à découvrir lors de votre visite »..

C.A.P expose.

Suite à une précédente exposition en 2023 à l’Abbaye de Fontdouce, Saint-Bris-des-Boiset et les diverses expositions produites dans la galerie Waltman de Paris et de la galerie Waltman Ortega à Miami art ditrict downtown. L’exposition au C.A.P. est un projet longuement et savoureusement construit par Fausto Matta, animateur et entrepreneur des expositions dans ce lieu de bord de mer, où une lignée d’expositions de créations de peintres contemporains souligne l’originalité et la passion de sa dynamique association depuis 1989 créé par Henri et Maryvonne Georget.


Un garçon au bandeau masque les horizons qui s’empilent comme des perspectives lointaines, il faut regarder autour de soi

L’art de Julien Graizely suscite l’enthousiasme au premier regard, à plus d’un titre. Peut-être par ce que toutes ces toiles et leurs compositions en portent ? créant un système de bascule graphique, proche de la poésie, incitant à conclure ou à construire son approche intime à cette déclaration de sens.

Tout l’espace de ces toiles est animé d’une composition aux couleurs, elles agitent des mondes entrevus et exotiques, lestées du sable des vacances et d’éléments aux perspectives familières, heureuses qu’animent des jeux des variations de formes, de lumières aux drapés et traces de forces vives.


Émotifs, les classiques du pop art et de l’histoire de la peinture au xxe siècle clignent de connivences. 

Des coups de brosses, sans « coup férir », structurent une originalité épicée de citations des classiques du pop art et de ce que l’on peut considérer comme une littérature des arts plastiques, agissent comme des motifs citations de la peinture moderne. Ils jonglent et comblent par leur addition des remplissages une histoire renouvelée de la peinture au XXIe siècle – Une phrase, tracée à la main, de craie ou pastel parfois ponctue la base des formats, un note qu’il aura laissé pour porter et renforcer la geste conduisant son inspiration. Il devait l’effacer à l’origine, dans son intention, puis il s’est plié à son pouvoir.

C’est dans un match d’émotif en atelier, où il compose et joue avec ce sens de l’intuitif, assisté pour cette pratique d’un jeu au tarot de motifs, dont il use en addition et de caches, à tout cela s’additionne des profils de craie et d’autres traces d’agitation. Les motifs déclenchent comme autant de refrains, de vibrations qu’irriguent des courbes aléatoires dont la philo génétique semble, elle nourrie par l’influence des peintres shamans de la couleur, depuis l’école de Pont Aven, aux ciels de Nice et aux collines des piscines de la Californie.


Des motifs aux sons des vibrations mouillent des courbes aléatoires de la philo génétique

La mère de Julien lui révéla un jour que son gout des motifs tiendrait peut-être de la résonance génétique d’un grand père « Soyeux » à Lyon, dont ses gouts pour le motif et la couleur seraient la signature des chaines ADN. Ou bien de celle d’un autre Ancêtre au 18e siècle, peintre également? Est-ce cette lignée générée qu’exprime, dans ces groupes d’action qu’ils cadrent, ses personnages aux gestes d’enfant, esquissant caresses et embrassades, serait-ce une fuite graphique des générations ? Il ne craint pas les grandes toiles – qui se collectionnent en privé – ou garnissent de dilemmes la composition des décorations actuelles, habitant et ouvrant des espaces d’habitation d’excellence.


Primordiales bleues, ciel épandus d’un enfant sage ?

La fabrique des couleurs et leurs techniques sont multipliées par les forces et l’intention d’absolus forces des couleurs de Julien Grayzeli, avec le pigment brut au liant acrylique –

Les motifs dans ces compositions fonctionnent comme des citations qui sont d’autres signes et des références qui se marient, sans se percuter ?  Même si il ne se réclame pas d’un plan de déploiement des références, il ne les exclut pas-

Avec un marqueur dans l’enfance de sa carrière d’un inclination pour les voitures, les bagnoles, qu’il peint dans ses premières toiles sur un périphérique noir bitume et l’horizon gris – Un équilibre qu’une résidence en 2019 à Miami balaiera des tornades de couleurs de la Floride.

« Révolte de la renaissance » de George Matthieu est un tableau que jeune, le peintre découvre et dont il pressent que la couleur peut, seule, aborder et évoquer par sa force un sujet explicite.


Les portraits se taisent dans la dépose du paysage.

Pourquoi les regards et pupilles des adonis de ces portraits sont-ils masqués par une épaisseur, celle d’un collage, ou d’une marque en tampon de nuages ? Interrogé sur cette constatation, il en parle comme un signe qu’il affectionne, afin de montrer à voir l’ensemble de la composition de son tableau, avec les perspectives et leurs descriptions, là où les regards des Portraits tuerait cette pose, cette seconde de l’attention du témoin, le regard sur le paysage, lui, souhaite désigner cet ensemble comme le sujet-Horizon paysage, une construction, ciel et végétations.

L’Horizontale – c’est un départ, le socle d’une scène dans le déploiement de ces paysages qui se positionnent sur les épaules d’un garçon au bandeau masque, ce sont les horizons qui s’empilent, en bandeaux de foulards comme des perspectives lointaines à regarder autour de soi.

Tous ces bleus d’un ciel au souffle épandu par une volonté appliqué sont entrainant,  comme un ensemble de toiles intitulé « Quelque part aussi beau qu’avant », Julien Graizely pratique la figuration : comme ce film du temps qui nous échappe, cette seconde avec le clignement de paupières, qui sont autant de réminiscences de scènes fixées en un clin d’œil particulier, les images des planches contacts de l’aire argentique, ce sont autant d’idées qui se mêlent les unes aux autres, avec cette présence des empreintes de mémoires laissées sur un paysage.


Horizontale –
départ et socle de scène, déploiement du paysage.

Julien Graizely compose sa toile en un cadre où les perspectives et motifs de matières s’ajoutent en superposition d’effets et de collages en répétitions recommencent et multiplient les matières, jusqu’à ce qu’il ne reste presque plus rien de libre sur sa toile – plus rien d’autres que ces danses de couleurs vives et flamboyantes, entremêlées à des figures anonymes qui se lient en une dimension narrative, parsemée d’énigmes et de détails. Les plages sont comme des déserts d’enfance, chers à l’artiste, entre lieux paisibles où la lumière avive les corps qui expriment les heures de l’été.

Pour le peintre, cette citation de préférence : « Pourquoi je choisis le jaune ? Qu’a-t-il à offrir ? cette couleur discrète est assez peu utilisée, Michel Pastoureau la considère comme la couleur de l’avenir et de la prospérité. Moi, avec le jaune, j’ai une envie plus grande de complètement lâcher prise. De ne pas hésiter à gâcher, abîmer, raturer, effacer, écrire et faire face. Souvent mes personnages étaient de dos ; là, ils regardent celui qui regarde. Ils lui parlent et lui écrivent. Ces bouts de phrases, ces jeux de mots ou ces titres de chanson sont normalement laissés sur les murs de l’atelier ou inscrits sur des bouts de papiers ; j’ai décidé en définitive, qu’ils avaient leur place sur la toile. »

FAusto Matta et Julien Graizely en conversation le 19 janvier 26.

Villégiature peinte.

Avec un atelier à quelques encablures du Royan villégiature du « Mouvement Moderne », témoignage des années 50′ 60′, de l’ivresse ds expressions d’architecture signe des années de la reconstruction. L’on pourrait s’imaginer pendant son séjour au mois de janvier qu’une prochaine production de comédie musicale dans la tradition des demoiselles aux parapluies d’un Jacques Demy ou d’une escale déguigandé sur une plage d’un sketch de Jacques Taty viendrait bientôt animer notre marche sur la plage. Il faut rappeler que ville d’art, Royan De 1964 à 1977, la station balnéaire accueillait un célèbre « Festival international d’art contemporain de Royan« , qui était une référence mondiale, notamment pour la musique et les arts avant-gardistes. Aujourd’hui un festival de cinéma en hiver, le Festival du Film de Société, vient de fêter sa 5ème édition en décembre 2025, avec Vincent Perez comme président du jury. C’est aujourd’hui l’événement cinématographique de référence dans la région qui se déroule principalement au cinéma Le Lido. Animé par des bénévoles passionné.e.s, sans doute par une âme de cinéma qui étaient Les Studios de Royan : Dans les années 1930 et 1940, Royan était le 4ème centre de production cinématographique de France grâce à Émile Couzinet. Il y avait construit de véritables studios (les studios « Côte de Beauté »).

Des placards touristique célèbrent également le passage de Picasso, aux premiers mois de la Guerre 39-45, rassemblant les objets de sa passion, son atelier et ses amours, Marie Thérèse Walter et sa fille Maya et la photographe Dora Maar, son secrétaire et son chien, créant plus de 750 œuvres durant ce séjour entre septembre 1939 et Aout 1940.

Le fidèle Chien de Julien Graizely traverse et s’imprime sur les toiles de son maître.

Entre les villas aux émaux 1900 rescapées des bombardements et les quadrilatères aux baies en meurtrières, autres gestes d’architecture de résidence secondaires futuristes des années 60 à 80. Julien Graizely peint une demeure carrée rose qu’il titre « l’héritage » et l’on sourit de cette chance des familles pour les vacances en Charente. On retrouve dans ces spectacles du bord de mer l’idéalisme de l’été, c’est une puissante source d’inspiration des toiles de Julien Graizely ainsi que la participation de son témoin d’atelier, son chien, qui serait son premier modèle d’atelier en quelque sorte. Les notes de son carnet, qu’il cite comme inspiration de formes et gestes, source de ces compositions, déploie les personnages, ou leurs  traces, les accessoires et vêtements croqués d’une brosse gorgée de pigments, rapide et sans autres souci du détail, qui forment les volumes de couleurs concentrant des objets empilées. Toutes ces joies de la plage amollies d’embruns et gouttantes de crème solaire sous une soleil dardant, les doigts collant d’eskimos fondus.

Julien Graizely travaille aussi sur une base de papier, qui sont en suivant marouflées, et d’autres sont ajoutés soit par des caches de papiers avec lesquels il oblitère ou révèle et souligne des actions. Ces caches participent à des gestes. Il ajoute aux sujets, forme de bras, dos masculins ou féminins, aimables et sereins, qu’il chorégraphie dans des scènes aux dialogues, entre accords en suspens sentimental ou d’un deal amical qui se joue dans leur espace de communication. Sujets suspendus en strates d’ instants superposés dans une impulsion, un mouvement qui conjugue gribouillage ou effacement, de la griffure qui cache ou emplit, au trait épais et puissant tirant le contraste des mondes.

Il n’apporte pas un message définitif, dans ses attitudes et ces ambiances qui s’affrontent, ceux qui rient et se baignent, posent ou s’enlacent, mangent et se baignent, ça s’affale et dégouline, Julien Graizely superpose à loisir, bras de couleurs et têtes jaunes, paupières bistres et bouches gourmandes.

C’est la chaise bleue, que l’on tire de l’ombre comme autant de d’instants superposés dans une impulsion d’invite, qui lie le gribouillage à l’effacement, de la griffure qui cache ou remplit, par un tracé épais et puissant dans son contraste des mondes. Sans chercher à porter un message net, ses mondes s’affrontent : celui qui veut et qui pense, celui du guerrier et du monde qui est, ce monde qui mange et se baigne, s’affale ou s’ecoule. Julien Graizely superpose et contre-emploie.
C’est la chaise qu’on retire où l’ombre s’assoie, celle d’un jeune homme qui rêve les yeux fermés, c’est une évocation radieuse d’une disponibilité de songeur sensuel.

Pour sa peinture, ses couleurs aux dessins légers, contrastent avec le trait,  une lumière et une vibration, une maitrise des temps du savoir de ces métiers de la fresque aux empâtes et glacis qu’il a acquis et avec lesquels il digresse avec grâce dans une gestuelle enjouée..

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